Lycéens et apprentis au cinéma en Provence-Alpes-Côte d'Azur
Lycéens et apprentis au cinéma en Provence-Alpes-Côte d'Azur

INTERVENTION  

Un autre regard sur la jeunesse,

autour de « Ce tigre qui sommeille en moi » d'Anne ALIX

 

 

 

Durée: deux heures à deux heures trente.
Besoin matériel : vidéoprojecteur, enceinte son

Public envisagé : Lycéens ou collégiens (3ème)

 

 

Le CSA souligne dans une étude de 2013 que les jeunes sont sous-représentés dans les médias, en terme d’image, mais aussi en temps et qualité de parole. Ils y sont le plus souvent figurés comme passifs ou dangereux.  Lorsque j’ai réalisé mon documentaire en 2014, mon désir premier était d’aller à la rencontre de jeunes d’aujourd’hui. J’ai découvert avec bonheur des individus aux trajectoires multiples, pleins de vitalité et d’envie d’avancer, des gens debout, à l’exact opposé de ce que l’on montre habituellement. Dans le climat actuel de peur, de défiance envers l’autre, de stigmatisation des minorités, c’est une autre représentation de la jeunesse  qu’il me semble urgent de partager.

 

«ce tigre qui sommeille en moi »[1]

Documentaire

Durée – 52′
 

Présentation

Ils ont entre 16 et 22 ans. Ils viennent de différents quartiers de Marseille et se retrouvent pour faire du théâtre ensemble. Frontières, le projet mené par Karine Fourcy est singulier : pendant deux ans, cette vingtaine de jeunes gens, à l'orée de l'âge adulte, écrivent et jouent à nommer les barrières qui les enferment. Le film les suit sur une année jusqu’à la création de leur spectacle. Au delà du travail théâtral, c’est à un portrait de la jeunesse aujourd’hui qu’il s’attache.

« 20 ans n’est peut-être pas le plus bel âge de la vie, mais certainement un des moments cruciaux de l’existence où nos destins se cherchent dans la complexité du réel. Tentatives, tremblements, espoir et désespoir, c’est tout cela que l’on traverse.  Au fil des séances de travail, la parole se densifie et l’espace du théâtre devient le lieu d’un franchissement de soi, de ses propres limites. Un regard plus politique sur le monde se dessine. Cette jeunesse, la singularité de l’expérience qu’ils tentent ensemble, la joie et le plaisir qu’ils éprouvent à la vivre, nous montrent le chemin d’un art d’être ensemble. » Anne Alix

« Il se passe quelque chose entre eux qui me paraît très exigeant. Une protestation contre l’insignifiance à la fois personnelle et collective, une façon de dire que l’on reconsidère la qualité et l’intensité du geste contre toutes les formes de gesticulation. Sortir chaque chose, chaque mot, de ce flux permanent dans lequel nous sommes et leur donner leur propre densité.»  Philippe Meirieu (chercheur et écrivain français, spécialiste des sciences de l'éducation et de la pédagogie)

 

L’atelier se divise en deux temps :

 

1/ Un premier temps comprenant une rapide présentation de l’expérience théâtrale vécue par les jeunes et  la projection du documentaire (environ 1 h)

 

2/ un temps de discussion et d’échanges autour d’un certains nombres de question soulevées par le film (1h à 1h30)

 

* Discussion libre sur le film.

 

Dans un premier temps, j’écoute et répond aux réactions des uns et des autres suite à la projection.

 

*  Quelle représentation de la jeunesse au cinéma et/ou dans les médias ?

 

Je propose au groupe de définir la manière dont ils se perçoivent en tant qu’adolescents, puis de recenser la manière dont la jeunesse est majoritairement représentée à l’écran  – Je leur demande des exemples précis et leur montre des extraits (films, reportages...). Se reconnaissent-t ‘ils là-dedans ? Qu’ont-t ‘ils à en dire ?

Sans gommer la complexité du monde dans lequel ils vivent, je souligne que le film montre des jeunes en mouvement, en réflexion et en action par rapport à leur vie. Il montre aussi des jeunes en travail, accompagnés par des adultes, qui acquièrent une compréhension intellectuelle mais aussi concrète du monde qui les entoure. A aucun moment, l’existence n’est figée et la perception de chacun évolue dans le temps : avec la maturité, mais aussi grâce à l’exigence du  travail qui leur est demandé. Chacun a donc  sa part de responsabilité et des moyens d’agir.

 

*  Quelle représentation du réel ?

 

Une des scènes du film montre, lors d’un filage du spectacle, Warda, une jeune comorienne qui craque en évoquant son enfance. Cette  scène forte a donné lieu à la même question lors de deux débats successifs: un/une adolescente ont demandé si  ce moment était vrai ou joué.

Le trouble  exprimé m’a interrogée (même si, quand je leur ai renvoyé la question, l’un et l’autre m’ont dit que oui, il le pensait). Il me laisse penser que, pour un certains nombres d’entre eux, les catégories de documentaire, reportage et téléréalité  ne sont pas claires et qu’il est important de revenir dessus.

On visionne ensemble des extraits où une émotion forte s’exprime (cette séquence documentaire, un reportage, une scène de téléréalité,), on définit ce qui leur est commun et ce qui les différencie. On parlera aussi de leur mode de fabrication, de production et de leur destination. Il y sera question de représentation de soi, de l’intime et du voyeurisme.

 

 

[1] Réalisation, Image : Anne Alix

Son : Thierry Lanfranchi,  Montage : Agathe Dreyfuss, Anne Alix, Michel André

Coproduction : Les films du Tambour de Soie, Le Théâtre La Cité, Maritima TV

Participation CNC, Soutiens Région PACA, CNC, Procirep-Société des Producteurs, Angoa, Agence nationale pour la Cohésion sociale et l’Egalite des chances, l’ACSE –Commission Images de la diversité.

 

 

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