Lycéens et apprentis au cinéma en Provence-Alpes-Côte d'Azur
Lycéens et apprentis au cinéma en Provence-Alpes-Côte d'Azur

Les doigts dans la tête

de Jacques Doillon
France // 1974 // 1h44 // NB
Avec Christophe Soto, Olivier Bousquet, Roselyne Villaumé, Ann Zacharias
 
Chris, apprenti boulanger, a dix-huit ans et loge dans la chambre de bonne de ses patrons, où vient le rejoindre Rosette, la serveuse de la boulangerie. Chris a un copain de son âge, Léon. Les deux garçons ont dragué ensemble Liv, jeune suédoise en vacances ; elle vient s’installer dans la chambre de bonne… et dans le lit de Chris. Un matin Chris oublie de se réveiller et arrive en retard au fournil. Il est licencié. Un syndicaliste lui conseille de se défendre. Chris se retranche alors dans la chambre de bonne, où devrait loger son remplaçant au fournil, avec Léon, Rosette et Liv. Ensemble ils s’amusent, rêvent d’une autre vie, s’aiment tant bien que mal.
Mais la maladresse de leurs sentiments et la dureté du monde extérieur mettront bientôt fin à leur petite communauté. Liv rentre en Suède, elle sera passée comme un rêve dans la vie de Chris. Puis Rosette rentre chez ses parents. Chris devra encore attendre avant de recevoir ses indemnités de licenciement. Il n’a plus que son ami Léon, et il ne leur reste plus qu’à chanter.


Avec
Les Doigts dans la tête s’imposa un cinéaste qui allait devenir l’un des plus importants du cinéma français : Jacques Doillon. On retrouve déjà ici tout ce qui constitue la singularité de sa démarche, d’abord fondée sur un rigoureux travail d’écriture mêlé à une extraordinaire attention aux acteurs. Par sa forme et son regard sur la jeunesse, le film s’inscrit dans la continuité de la Nouvelle Vague (François Truffaut lui consacra d’ailleurs un texte élogieux). Mais il est également emblématique du renouveau du cinéma français des années 1970 par l’attention primordiale qu’il accorde à la réalité sociale de son époque. À travers les luttes et les amours d’un jeune apprenti boulanger, il mêle dans une même utopie la politique et les sentiments, la parole et le corps. En le replaçant dans son contexte, on peut y voir un beau document sur les espoirs et les doutes de l’après mai 68. Mais il est aussi bien plus que cela : un intemporel traité des illusions et désillusions de la jeunesse.

 

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